René GILLI (1920~2008)

Chevalier de la légion d’honneur – Cadre FTP du Vaucluse – Ancien trésorier national du MRN – Co-fondateur du MRA – Initiateur du Festival du Film sur la Résistance en 1998

« Qu’en penseraient nos martyrs ? »
Intervention faite lors d’une assemblée de l’A.N.A.C.R.en 1969

René GILLI portraitQuelque part dans le monde, jadis, un peuple sage, avant de prendre de graves et importantes décisions, interrogeait et consultait ses héros morts au combat. S’ils revenaient parmi nous nos martyrs torturés, fusillés, pendus, guillotinés, reconnaîtraient-ils les acquis de la Résistance conformes à leurs rêves d’antan et à la mesure de leur sacrifice ?
Que penseraient-ils de ce parti néo-nazi en Allemagne de l’Ouest, digne successeur de celui qui a commis les plus grands crimes contre l’Humanité ? Que penseraient-ils de ce programme du Comité National de la Résistance resté lettre morte alors qu’il était une véritable charte des Patriotes de toutes opinions philosophiques, politiques et religieuses ?
Ce programme se prononçait pour des réformes économiques et sociales profondes qui traçaient les perspectives d’une vraie démoncratie. En commémorant ce 25° Anniversaire, nous ne devons pas seulement faire un pieux pélerinage, nous devons aussi raviver l’esprit de la Résistance.
Depuis Valmy, elle a été la plus grande épopée de notre pays. Epopée d’un peuple fidèle a ses traditions de liberté et d’indépendance, que seul a pu séparer le choix entre la Collaboration, la lâcheté (le fait d’une minorité) et celui (majoritaire) de la recherche d’un devoir nouveau. Il y a vingt-cinq ans, la Nation reprenait en mains ses propres destinées. pour l’essentiel, elle atteignait son prinicpal objectif : libérer le sol de la Patrie. Mais la Résistance a été génératrice de grands espoirs, aujourd’hui déçus mais toujours présents à notre esprit.
L’Histoire avance à pas comptés. Beaucoup d’entre nous arrivent aujourd’hui à l’automne ou à l’hiver de leur vie, mais nous sommes toujours, objectivement et historiquement concernés. Nous devons continuer à assumer lucidement notre engagement et le transmettre à la jeunesse. Vingt-cinq ans, c’est le temps qu’ont mis les nouveaux-nés des années noires à devenir des hommes. Notre devoir est de les aider à démystifier cette époque car celle-ci est, en réalité, le creuset d’où jaillirent les traits essentiels du monde dans lequel nous vivons.
Il ne nous est pas permis de nous aménager une coquille protectrice individuelle. La cécité et la surdité volontaire ne peuvent que nous éloigner de l’idéal de la Résistance. Le faire respecter, c’est encore lutter pour la sauvegarde de la paix, la liberté des peuples et le désarmement général.